Le sensei

Nidan Jean-Christophe REAL

Un cours de Kobudo / Kobujutsu, qu’est-ce que cela peut être ?

Le terme Kobujutsu fait principalement référence au Ryukyu Kobujutsu également connu comme le Kobudo d’Okinawa, à savoir la vieille voie martiale d’Okinawa. Un système martial dans lequel on utilise toutes les armes des paysans d’Okinawa. Ces armes vont des plus connues (Bo, Sai, Tonfa, Nunchaku) à certaines plus rares (Kama, Eku, Surujin, Tinbei, Nunte-bo, Kusari-gama et bien d’autres).

Le terme Kobudo fait lui référence aux vieilles voies martiales japonaises de manière générale. Il s’agit donc des vieilles écoles également connues sous le terme de Koryu. Ces écoles utilisent également une grande diversité d’armes parmi lesquelles on retrouve bien entendu les armes du kobudo d’Okinawa, mais également des armes plus spécifiques aux samouraïs (Katana, Naginata, Ryoto, Ko-dachi, Yari) ou d’autres plus générales comme le Jo. Indépendamment de l’intérêt ou de l’attrait spécifique de chacune de ces armes, pourquoi en étudier plusieurs ?

On peut soit se référer à Miyamoto Musashi qui dans son traité de stratégie ‘gorin no sho’, le traité des cinq roues, explique qu’un bon combattant se doit de connaître et savoir manier toutes les armes afin d’en apprendre les avantages et inconvénients. On peut également se dire qu’il faut en essayer beaucoup avant de trouver celle qui nous convient vraiment.

Mais on peut aussi se rendre compte qu’explorer différentes armes, différentes formes, permet de développer deux choses: la dextérité, mais aussi le timing et la distance (Ma-ai) spécifiques à chacune d’entre-elles.

Cette distance et ce timing sont l’essence des arts martiaux tels que pratiqués dans les Koryu. Le but du cours est alors de permettre à chacun, à son rythme, en fonction de ses possibilités, de travailler ces notions: dextérité, distance, timing.

Et, bien entendu, même si le travail systématique et répétitif des bases qui permet d’acquérir la compréhension de ces notions peut paraître ardu, le travail avec partenaire au travers de formes (kata) ou de travail plus ou moins libre permet d’évoluer en prenant plaisir autant dans le travail que dans son résultat.

En utilisant l’expérience due à mon parcours dans trois clubs, au travers de trois écoles (Koryu) différentes, j’essaie de partager la richesse qui m’a été transmise. En continuant de travailler et d’étudier avec des grands maîtres du Japon ou d’Europe, j’essaye encore et toujours de faire évoluer cette connaissance et cette passion.

Et parce qu’un dojo n’est rien sans cela, la bonne humeur, la camaraderie et le respect de soi et des autres nous attendent toujours sur les tatamis.

Et à cela aussi on y travaille.

Jean-Christophe Real